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Laines artisanales - Teintures naturelles

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Le mordançage – Généralités

Le mordançage des fibres naturelles en teinture végétale

Teindre naturellement une fibre ne consiste pas simplement à la plonger dans un bain de plantes colorantes.

Avant même de parler couleur, le teinturier doit se demander quelle fibre il souhaite teindre et comment cette fibre doit être préparée.

La laine, la soie, le coton ou le lin ne réagissent pas de la même manière et les méthodes de mordançages peuvent être très différentes.

Le mordançage est une étape essentielle de nombreuses teintures naturelles. il permet de préparer la fibre afin de favoriser sa capacité à fixer certains colorants et à conserver plus durablement la couleur obtenue.

Mais il faut savoir que toutes les teintures naturelles ne nécessitent pas forcément un mordançage classique.

Cet article présente les grands principes du mordançage et les principales méthodes utilisées en teinture naturelle. Pour aller plus loin, vous trouverez également des liens vers les articles consacrés aux différents mordants et aux techniques particulières.

Qu'est-ce que le mordançage?

Le mordançage consiste à traiter une fibre textile avec une substance appelé « mordant », afin de favoriser ensuite son interaction avec certaines matières colorantes.

Le mordant peut se fixer sur la fibre et participer aux interactions qui auront lieu lors de la teinture. Il contribue ainsi, selon les fibres et les colorants utilisés, à obtenir une couleur plus durable.

Le terme « mordant » recouvre cependant des substances et des pratiques très différentes. L’alun, le fer ou encore certaines matières végétales riches en tanins n’ont pas exactement le même rôle ni le même comportement.

Il est plus juste de parler de techniques de mordançage que d’une méthode unique applicable à toutes les fibres et à toutes les plantes tinctoriales.

Pourquoi mordancer une fibre naturelle?

Les fibres textiles présentent des propriétés différentes selon leur origine et leur composition.

La structure d’une fibre détermine notamment sa capacité à interagie avec substances utilisées dans la teinture.

Le mordançage permet donc de préparer la fibre avant l’étape de coloration. Il ne s’agit pas simplement « d’ajouter un produit à la laine » mais de créer des conditions favorables à la fixation de certains colorants.

Cette étape est particulièrement importante pour certaines teintures végétales,  mais son intérêt et sa méthode dépende toujours de la fibre et de la matière tinctoriale utilisées.

Le mordançage n'est pas toujours obligatoire

Il serait faux de résumer la teinture nature naturelle à une succession systématique de trois étapes:

fibres — mordant — couleur

Certaines matières tinctoriales peuvent être utilisées sans mordançage classique, tandis que d’autres nécessitent une préparation particulière.

Le choix de la méthode dépend donc de la combinaison entre la fibre, le colorant et le procédé de teinture.

 

Le mordançage selon la nature des fibres

C’est un point essentiel à comprendre lorsqu’on commence la teinture naturelle: on ne mordance pas toutes les fibres de la même manière.

 

Les fibres animales: laine et soie

La laine et la soie sont des fibres animales constituées principalement de protéines.

Leur mordançage est généralement plus simple que les fibres végétales. L’alun est notamment utilisé depuis longtemps pour préparer les fibres animales avant de nombreuses teintures végétales.

La laine peut ainsi être mordancée dans un bain adapté avant d’être introduite dans le bain de teinture.

La soie demande toutefois ses précautions et ne dit pas être considérée comme une simple « laine fine »: même lorsque que le mordant utilisé est le même, le comportement de la fibre et le résultat peuvent être différents.

Un article consacré au mordançage des fibres animales sera prochainement publiés.

Les fibres végétales: coton, lin, chanvre...

Le mordançage des fibres végétales est généralement plus complexe.

Le coton, le lin et le chanvre possèdent une structure et une composition différente de celle de la laine et de la soie. Les méthodes utilisées pour favoriser la fixation des colorants doivent donc être adaptées.

Les tanins occupent notamment une place importante dans certaines méthodes de préparations des fibres végétales. Ils peuvent être associés à d’autres substances afin de permettre une meilleure interaction avec certains colorants.

Un article consacré au mordançage des fibres animales sera prochainement publiés.

Cette différence entre fibres animales et végétales explique pourquoi une recette de mordançage adaptée à la laine ne peut pas être simplement transposée au coton ou au lin.

Les principaux mordants utilisés en teinture naturelle

Il existe différentes substances pouvant être utilisées comme mordants ou intervenir dans les procédés de préparation des fibres.

L'alun

L’alun est probablement le mordant le plus connu des teinturiers travaillant les fibres animales.

Il est utilisé depuis longtemps dans les pratiques de teintures et occupe une place importante dans de nombreuses recettes de teinture traditionnelles.

L’alun permet notamment de préparer la laine et la soie à recevoir certains colorants végétaux et obtenir une couleur pure. Mais son utilisation demande également de respecter des proportions adaptées. Utiliser davantage de mordant ne signifie pas une couleur plus intense ou plus durable.

Le mordançage à l’alun: propriété et utilisation.

Le fer

Le fer possède un rôle particulier en teinture naturelle.

Il peut intervenir comme mordant, mais également comme modificateur de nombreuses couleurs végétales. Son utilisation peut ainsi transformer profondément une couleur obtenue avec une plante tinctoriale.

Le fer doit cependant être utilisé avec précaution, aussi bien pour préserver les fibres que pour maîtriser le résultat recherché.

Le fer: propriété et utilisation.

Les tanins

Les tanins sont des substances naturellement présentes dans de nombreux végétaux (écorces, feuilles,..).

Ils jouent un rôle particulièrement intéressant dans la préparation des fibres végétales et interviennent dans plusieurs procédés traditionnels de teinture.

Le mordançage aux tanins constitue donc un sujet à part entière, notamment lorsqu’il s’agit de teindre du coton ou du lin.

Comprendre le rôle des tanins dans le mordançage.

D'autres substances peuvent être utilisée

L’alun, le fer et les tanins ne constituent pas une liste exhaustive des substances rencontrées dans l’histoire et la pratique de la teinture naturelle.

Selon les recettes, les fibres, et les couleurs recherchées, d’autres substances peuvent intervenir, seules ou en association.

Le choix d’un mordant ne dépend donc pas uniquement de sa capacité à favoriser la fixation d’une couleur: il fait partie d’un procédé de teinture plus global.

Les différentes façons de mordancer

Le mordançage peut être réalisé à différents moments du processus de teinture.

Le mordançage avant la teinture

C’est probablement la méthode la plus simple à comprendre.

La fibre est d’abord préparée et mordancée, puis elle est rincée ou conservée selon le procédé utilisé avant d’être introduite dans le bain de teinture.

Cette méthode permet notamment de séparer clairement la préparation de la fibre de l’étape de la coloration.

Le mordançage et la teinture dans le même bain

Dans certaines recettes, le mordant peut être introduit directement dans le bain de teinture.

Cette méthode parfois appelée mordançage simultané, constitue une approche différente du mordançage préalable.

Elle ne convient cependant pas indistinctement à toutes fibres ni à toutes les matières tinctoriales.

 

Le mordançage après la teinture

Il existe également des procédés dans lesquels une fibre déjà teinte reçoit ensuite un traitement destiné à modifier ou favoriser la fixation de la couleur.

Ces différentes méthodes montrent une nouvelle fois qu’il n’existe pas une seule manière de pratiquer le mordançage.

Le mordançage n'est qu'une étape de la teinture

Le mordançage prépare la fibre, mais il ne suffit pas à lui seul à déterminer la couleur finale.

Une fois la fibre préparée, de nombreux autres éléments interviennent dans le résultat:

  • la matière tinctoriale utilisée
  • la quantité de colorant présente dans le bain
  • la méthode d’extraction
  • la température
  • la durée de la teinture
  • le pH
  • l’eau

Ces paramètres appartiennent davantage à l’étape de teinture et de création de la couleur qu’au mordançage lui-même.

Ils feront donc l’objet d’articles spécifiques consacrés aux couleurs et aux techniques de teintures naturelles.

Pour aller plus loin dans la teinture naturelle

Vous pourrez ensuite découvrir dans la rubrique Couleurs les phénomènes qui influencent la couleur obtenue, puis dans la rubrique Teinture les différentes techniques permettant d’extraire et de déposer les colorants sur les fibres.

Révision Août 2026

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